Performances work-in-progress

vendredi 22.07.2022

20h30

La Tête Bleue
44 quai Perrière,
38000 Grenoble

prix libre

APNÉES prépare un cadre propice à la rencontre entre créations en chantier et oreilles attentives et curieuses.

Dans une ambiance accueillante et décontractée, le public pourra s’immerger dans des nouvelles expériences d’écoute qui visent à mettre en valeur la scène musicale expérimentale, locale aussi bien qu’internationale !


Ugo Boscain
clarinette-contrebasse
Plongée dans un univers instrumental à l’extension extraordinaire, où une richesse harmonique qui fait écho à la musique spectrale se relie à des motifs telluriques et ancestraux, souvent trop graves pour être perçus directement par les oreilles

Rémi François
guitare, effets, objets électroacoustiques
Récit sonore qui se construit et se déconstruit par des micro-manipulations successives, où guitare, enregistrements et objets sonores dévoilent, au fil des jeux de captation, d’amplification et de spatialisation, une narration personnelle et intime



Ugo Boscain

Né en 1968, il obtient son diplôme de piano classique en 1991 en Italie. Il étudie également la composition (Conservatoire de Turin) et la direction d’orchestre (Orvieto, cours de Spazio Musica, Ilya Musin Society, Schola Cantorum), tout en s’intéressant à la musique improvisée. Il a eu comme professeur.e.s Steve Lacy, Mal Waldron, Joëlle Léandre, Evan Parker et Johannes Bauer.
Depuis la fin des années ’80, il est un pianiste très actif de la scène des musiques improvisées. Il est cofondateur du groupe « Enten Eller » à Turin. Il collabore également avec Tristan Hossinger, Joëlle Leandre, Giancarlo Schiaffini, Carlo Actis Dato, Giovanni Maier, Claude Parle, Théo Nabicht et bien d’autres musiciens.
Au cours des 15 dernières années, il s’est activement consacré à l’étude de la clarinette contrebasse et il est aujourd’hui l’un des rares spécialistes de cet instrument. En 2015, il travaille avec Anthony Braxton pour son Sonic Genome à Turin.
Parallèlement à sa carrière musicale, Ugo Boscain poursuit une carrière scientifique et occupe un poste de directeur de recherche au CNRS (France). Il s’intéresse aux modèles mathématiques de perception visuelle et sonore.


Rémi François

Formation d’électronicien, musicien autodidacte, formation autodidacte musicale en déformation électronique, électricien auto, dit musicien des actes en formation.
Déjà membre du groupe lunaire Jesus on the Moon et du collectif pluridisciplinaire Lucioles et autres lueurs, puis de l’Ensemble de Musique Improvisée APNÉES, Rémi François propose des objets et des expériences sonores autoconstruites. À l’origine guitariste, il expérimente, par une approche radicale à l’improvisation, des formes de jeux, de captation, d’amplification et de spatialisation non-conventionnelles.


Ce qu’est la musique improvisée, comme on la fait aujourd’hui, est
peut-être impossible à définir.
On pourrait s’y essayer en lui donnant une définition opérative :
c’est une musique à la frontière entre le jazz et la musique
contemporaine, qui cherche désespérément à se désengager de toutes les
traditions harmoniques, rythmiques et mélodiques.

Ce but est clairement impossible à rejoindre et c’est pour ça que les
musiciens qui font de l’improvisation une raison de vie, sont toujours
inquiets. Quand on joue du saxophone, comment se désolidariser du jazz
afro-américain ? Quand on joue du violon, comment se désengager d’une
tradition virtuose post romantique ? Quand on joue du bandonéon,
comment se désengager du tango ?

Pour ces raisons, il n’est pas inhabituel que les musiciens
improvisateurs décident de se dédier à des instruments avec le minimum
de tradition possible.

La clarinette contrebasse est un des instruments qui ont le plus de
chance de ce point de vue. Elle a des grandes possibilités rythmiques
et grâce à une colonne d’air très longue, qui peut être coupée de
différentes façons, elle a aussi une extension extraordinaire.
La clarinette contrebasse est apparue en Europe vers la fin du XIXe
siècle. La première fois, elle a été utilisée vers 1890 par Vincent
d’Indy dans l’opéra Fervaal et ensuite en 1909 par Arnold Schoenberg
dans les morceaux Op. 16 (une clarinette contrebasse en La,
probablement jamais produite) et plus tard rarement utilisée.
Aujourd’hui il n’est pas rare de la voir dans la musique contemporaine.
Pouvoir s’exprimer avec un instrument qui peut être si grave et
souterrain qu’il est perçu plus par la cage thoracique que par le
tympan (oreille) est un grand défi.
[…]
Finalement, peut-être, toute cette recherche ne se désengage pas
vraiment de la tradition européenne de la musique post romantique qui
a traversé le jazz.

Mais c’est le voyage qui compte et le résultat est certes surprenant.

Ugo Boscain


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